21/11/2018

Chômage, on en parle mais ne fait rien

On parle beaucoup du chômage actuellement. Emission TTC du 20 novembre et TJ de 12h45 du 21. Mais on ne parle que de la galère des « vieux » expérimentés, les plus de 40 ans, et de celui des jeunes sans beaucoup d’expérience, surdiplômés ou non. Ils galèrent tous et pour beaucoup ils aboutissent à l’Hospice Général.


Mais, personne ne parle des causes du chômage de longue durée. A part les causes économiques, il y a les moyens mis en place par l’ORP puis par l’Hospice. Là c’est le silence radio. Apparemment tout va bien dans le meilleur des mondes. Or ce n’est pas le cas, et de loin. Voyons donc de plus près.

Les formations
Pour les jeunes il y a les CFC. Bien pour les jeunes sans diplôme, mais qu’en est-il des diplômés ?
Et pour les « vieux », diplômés ou non, avec plus de 20 ans d’expérience il y  a les CFC ( ! ) et des stages qui ne leur apportent rien et n’intéressent aucun employeur.
En informatique, domaine où la Suisse manque cruellement de spécialistes, à part quelques rares CFC basiques c’est le désert.
Que va donc faire un « vieux » expérimenté sans diplôme ? Il va continuer à postuler mais il va aussi étudier à mi-temps dans une université afin d’obtenir LE diplôme qui lui manque et qu’on lui a toujours reproché de ne pas avoir.

La Loi (LIASI)
Pas de chance … il est à l’Hospice de Genève. Et il y a une Loi, la LIASI qui stipule (Art. 11, alin.4) :

Le Conseil d’Etat fixe par règlement les conditions d’une aide financière exceptionnelle, qui peut être inférieure à l'aide financière ordinaire et/ou limitée dans le temps, en faveur des catégories de personnes suivantes qui n'ont pas droit aux prestations ordinaires prévues par l'article 2, lettre b, de la présente loi :
a) les étudiants et les personnes en formation;
b) les jeunes adultes sans formation, âgés entre 18 et 25 ans révolus, lorsqu'ils ne suivent aucune formation;

Faudrait savoir ! Moins de 25 ans tu DOIS étudier, à 26 ans tu ne le peux plus.

Donc ce « vieux » expérimenté sans diplôme n’a plus que 2 solutions :
* Arrêter ses études et rester à l’Hospice en attendant le Père Noël
* Continuer et se voir supprimer toute prestation financière (loyer, assurances, AVS, téléphone dont il a besoin pour postuler), et pour vivre.

C’est exactement ce qui est arrivé à une personne de ma connaissance. Il a continué ses études et s’il n’avait pas d’amis il serait maintenant à la rue.

Les conseillers
Ils conseillent … sans en avoir les moyens. Conseillent des stages (inutiles) ou des CFC.
Mais ils ne s’impliquent pas … n’en ayant ni le temps ni les moyens. Un fichier de tous les emplois disponibles n’existant pas. Ils peuvent tout au plus orienter vers telle ou telle entreprise qui pourrait peut-être embaucher.
Et ils pointent toutes les candidatures.
Comment voulez-vous qu’un chômeur s’en sorte ? Il est seul dans une grande organisation qui a beaucoup plus de moyens que lui et qui pourrait vraiment l’aider … mais ne le fait pas.

Conclusion
Des formations dépassées et inadaptées au marché actuel de l’emploi ainsi qu’aux diverses expériences des chômeurs,
Une Loi sectaire, dépassée et contradictoire dans ses propres articles (L’Art. 21 contredit l’Art. 11) et inadaptée au contexte actuel de l’emploi,
Des conseillers qui n’ont aucun moyen de réellement conseiller, dans une organisation qui ronronne et qui se borne à faire sortir les chômeurs des statistiques du chômage en leur faisant suivre des stages ou des CFC (utiles néanmoins que pour les jeunes),
Et en plus, pour les « vieux », des cotisations sociales employeurs trop élevées. Ne pourrait-on pas les réduire afin que les entreprises aient intérêt à embaucher ces vieux » expérimentés ?
Et … n’en rajoutez pas svp !

On ne s’étonnera donc pas que Genève ait, année après année, le plus fort taux de chômage de Suisse

Commentaires

Un ami qui avait travaillé pendant près de 18 ans dans une grand surface genevoise à Plainpalais a fait un "petit" AVC, après 3 mois d'arrêt maladie, dont un mois entier à l'hôpital , il est revenu dans son magasin où on l'a proprement licencié!! A 56 ans difficile de retrouver un emploie!!! Donc 18 mois de chômage plus tard, son conseillé à l'office de l'emploie l'a obligé à travailler tout le mois de décembre dans une grande enseigne des "Rues Basses" gratuitement! OUI sans un centime, et même pas 300.- de ratification pour la fin d'année! Bénéfice pour la grande enseigne, environ 4000.-! Elle est poubelle la vie non???

Écrit par : Dominique Degoumois | 21/11/2018

Oui, les frontaliers qui viennent travailler en Suisse et qu'on accueille à bras ouverts car on manque (!!!!) de personnel.
Mais alors pourquoi Bâle et le Tessin (qui ont aussi des frontaliers) ont-ils un taux de chômage inférieur à celui de Genève qui bat continuellement tous les records.
C'est bien parce qu'il y a un problème de gestion du chômage, non ?
Et comme je le dis, ça ronronne et tout le monde s'en fout, à part les chômeurs.

Écrit par : Lambert | 21/11/2018

Aller voir les frontière soir et matin pour mieux comprendre!

Écrit par : Dominique Degoumois | 21/11/2018

A quand les gilets jaunes genevois?

Écrit par : Mère-Grand | 21/11/2018

Oui il y a des problèmes de chômage à Genève à cause des frontaliers, mais vous dites qu'il n'y a pas de problème à Bâle et aux Tessin c'est faux! Combien y a t il de frontaliers genevois dans les administrations françaises, tout autour de Genève? A Pôle Emploie par exemple????? Aucun bien sûr! Le gros problèmes est qu'il semble que ce phénomène doit encore s'amplifier avec les nouveaux réseaux de transports en communs qui vont entrer en service ces prochaines années! Je ne pense pas que ça à voir avec la formation, la majorité des frontaliers n'ont pas de formations particulières poussées, dans le sociale ou dans la banque, mais il y a beaucoup de français qui occupent des places de DRH, là est aussi le problème! Puisqu'ils engagent principalement des français!

Écrit par : Dominique Degoumois | 22/11/2018

C'est vrai, à Bâle, à Zürich et au Tessin il y a des frontaliers. Mais là n'est pas le problème dont je parle.
Ce que je dis c'est que le taux de chômage de Genève est année après année le plus élevé de Suisse et qu'une des raisons se trouve à l'ORP et à l'Hospice qui n'ont pas évolué avec les nouvelles technologies et les nouveaux besoins des entreprises et se contentent de ronronner sur leur passé, appliquant une loi qui devrait être entièrement revue et avec des conseillers qui n'ont aucun moyen pour réellement aider les chômeurs.

Écrit par : Lambert | 22/11/2018

Vous dites vrai pour ces 2 administrations, une amie qui a travaillé a l'ORP s'est retrouvée avec une cheffe de service françaises, pas plus qualifiée que ça et qui terrorisait tout le monde! Pour ce qui est de l'hospice, elle entretient tous les dealers de drogue qui sont dans cette ville, pire elle les loge en plus dans les quartiers sensibles, comme la rue de Lausanne! Complicité????? Pourquoi pas, en tout cas des dealers en masse comme ça partout dans la ville, c'est totalement anormal, et ça coute des fortunes aux citoyens!

Écrit par : Dominique Degoumois | 23/11/2018

Je travaille dans une administration genevoise, sous la responsabilité d'une majorité politique de gauche. Depuis plusieurs années cette administration, qui compte plusieurs Français aux ressources humaines, n'engage quasiment que des Français, des frontaliers (parfois suisses) et des Vaudois aux postes à responsabilité. Je n'ai pas souvenir qu'un seul poste important ait été attribué à un Genevois habitant Genève depuis très longtemps.
Mes collègues (qui sont plutôt de gauche) et moi-même sommes scandalisés mais nous ne pouvons rien faire car nous sommes tenus par le secret professionnel. C'est désespérant.

Écrit par : Jeanne | 23/11/2018

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