28/06/2018

Lettre ouverte à Monsieur le Conseiller d’Etat Thierry Apothéloz

L’Hospice Général, refuge des paumés ou goulag ?


Pour tous, l’Hospice est la dernière ressource à une carrière brisée. En effet, je cite :
L'Hospice général intervient pour soutenir, conseiller, orienter … toute personne rencontrant des difficultés. Il les accompagne vers une autonomie durable. L’insertion est au cœur de notre dispositif. Elle permet à ceux qui en ont besoin de reprendre confiance, de recréer un lien social ou de retrouver un emploi.
Enfin un espoir !
Mais la réalité est toute autre.
Les chômeurs en fin de droit qui se retrouvent à l’Hospice se voient proposer des stages qui n’intéressent aucun employeur ou au mieux un CFC. Et les rares CFC en informatique proposés par l’Hospice sont rudimentaires. Or, selon je JT de 19h30 du 27 juin :
* L’apprentissage de l’informatique va être généralisé dans toutes les écoles
* La Suisse manque de spécialistes et doit les chercher à l’étranger
* Le niveau des CFC est insuffisant, particulièrement dans le multi-média.
Alors que fait un chômeur sans ressources et sans diplôme malgré plus de 20 ans d’expérience en informatique ? Il a suivi des stages. Sans résultat. Et il connait déjà les CFC proposés. Désespéré, il n’a donc plus qu’une solution.  En accord avec la Loi LFPr, il s’inscrit à ses frais et à temps partiel dans une Haute Ecole d’ingénieurs pour obtenir en 4 ans (comme pour les CFC) un Bachelor en informatique.

Ah mais non ! Ce faisant il devient « étudiant ». Et selon la Loi (LIASI Art.11, Alin.4a) « les étudiants n’ont pas droit aux subventions ordinaires ». Mais qu’est-ce qu’un étudiant ? Un jeune qui étudie à temps complet, et ne songera à un emploi qu’à la fin de ses études, ou un chômeur qui, à temps partiel et à ses frais, essaie d’obtenir un diplôme sans cesser de chercher un emploi ? C’est très différent.

L’Hospice lui ordonne donc d’arrêter ses études. Mais il tarde car il veut terminer son semestre et passer ses examens. Alors l’Hospice le radie et se permet de plus de lui réclamer près de 60.000Fr pour les subventions « indûment » perçues. Pour survivre il doit alors emprunter. Alors il arrête ses études pour être réadmis à l’Hospice. Complètement démotivé, avec comme seul espoir de vivre de petits boulots ou de faire un CFC qui ne lui servira à rien.

Supprimer les subventions à un homme dont ce sont les seules ressources parce qu’il essaie avec courage de sortir du chômage pour retrouver sa dignité dans la seule voie possible pour lui est un véritable chantage. C’est le mettre à la rue. C’est lui dire avec arrogance « tu n’es rien et n’existes que par nous alors fais ce qu’on te dit et tais toi ». C’est la négation de l’homme, de ses efforts et de ses motivations. C’est le forcer à abandonner tout espoir de retrouver un travail digne de ses compétences. C’est un outrage qui peut le démotiver complètement et définitivement. C’est justifier la fracture sociale, légitimée par des formations insuffisantes face marché actuel de l’emploi et par une Loi dépassée et inadaptée et qui n’exclu les « étudiants » que dans le canton de Genève.

Actuellement tous les pays cherchent à combler leurs retards en encourageant les techniques digitales et les nouvelles technologies, aussi bien à l’école que dans les entreprises, les start-ups et les organismes du chômage. Mais l’Hospice n’en a apparemment pas conscience et les CFC qu’il propose ne concernent que des débutants.

Monsieur le Conseiller, en tant que responsable de l’Hospice, il serait peut être temps de vous pencher sur ce problème qui concerne tous les chômeurs expérimentés sans diplôme (informatique ou autre). Ceci d’autant plus que Genève est le canton ayant le plus fort taux de chômage en Suisse. Et l’Hospice y est peut-être pour quelque chose.


Michel Lambert

Commentaires

Une véritable caricature de l'Etat et de ses services, une usine à gaz qui tourne à vide et qui fait vivre quantité de fonctionnaires démotivés.
Vivement qu'on vire tout ça et qu'on refile à tout un chacun le minimum vital.

Écrit par : Pierre Jenni | 29/06/2018

Cher Monsieur,
Votre lettre ouverte a retenu toute mon attention. Je peux partager avec vous une partie des constats notamment sur la capacité de notre administration à entamer des démarches prospectives pour ne plus subir. Notre gouvernement a récemment adopté un rapport sur le numérique pour apporter des réponses aux éléments d'avenir.
De votre lettre ouverte et de ce rapport, j'aimerai pouvoir en discuter avec vous. Pourriez-vous à cette fin prendre contact avec mon secrétariat pour fixer un moment ?
Dans cette attente, je vous adresse mes meilleurs messages.
Thierry Apothéloz

Écrit par : Thierry Apothéloz | 01/07/2018

Cher Monsieur le Conseiller,
Je vous remercie tout particulièrement de votre réponse car le sujet me tient particulièrement à cœur.
En effet, face à l’augmentation croissante du nombre de chômeurs seniors qualifiés mais sans diplômes suffisants, les objectifs, les moyens et les bases juridiques de l’Hospice Général sont aujourd’hui inadaptés et insuffisants.
Je serai donc ravi de vous rencontrer pour en discuter et contacterai votre secrétariat dès lundi pour fixer une date.
Veuillez recevoir, Monsieur le Conseiller, l’expression de mes meilleures salutations.
Michel Lambert

Écrit par : Lambert | 01/07/2018

Je m'étais ouvert les veines pour participer financièrement à une formation de grutier, alors même que je ne possède qu'un CFC de commerce, puisque les seuls stages proposés par l'Hospice était celui de palfronnier, ou d'aide aux personnes âgées. La santé étant un domaine trop sérieux pour le confier à quelqu'un qui n'a jamais exercé dans celui-ci, j'ai été forcé de refuser. Et bien figurer vous que j'ai eu une retenue de 2 mois de 15% de l'aide octroyée.

Quoiqu'il en soit, jamais, au grand jamais, l'Hospice n'a cherché à m'aider pour me trouver une place dans une entreprise de construction, ce qui m'aurait permis de compléter la centaine d'heures obligatoires de pratique nécessaires à l'exercice de cette profession.

Je n'attends plus rien de ces guignols, et comme je l'ai lu ci-dessus, tous ces fonctionnaires qui travaille à l'OCE et à l'Hospice, sont une vraie usine à gaz.

Écrit par : Laurent Lefort | 05/07/2018

Partout où vous trouverez des socialistes, vieux comme jeunes, ils ont tous commencés dans des mouvements pour jeunesses socialistes ou autres officines spécialisées.

C'était mon alors que je n'avais pas encore 16 ans, en fait je m'étais accoquiné avec un mouvement trotskiste, sauf erreur, appelé à l'époque "Spartacus", uniquement dans le but de conquête d'une très jolie fille de mon âge, elle totalement immergée dans la doctrine, finalement assez banale puisqu'en 15 jours, je lui expliquait certaines stratégies "politiques" et c'est comme ça que j'ai fini par conquérir le temps d'une amourette cette charmante personne. Donc rien de très sérieux en ce qui me concerne dans cette voie qui m'a tout de suite consterné !

De fait, j'ai participé à une bonne dizaine de réunion dans les locaux dudit mouvement.

C'est là que j'ai compris, heureusement assez jeune, que quelque chose ne tourne pas rond dans les idéologies dites "progressistes" ou "autres mouvements "révolutionnaires" !

Nous, en fait, ils passaient leurs soirées à comploter des plans uniquement dans le but de détruire le système qu'ils nommaient sans effroi de "capitaliste" et "d'impérialiste". S'y déversait une haine envers notre société et envers tout ce qui n'était exactement eux se définissaient en lien avec leur doctrine, qui me piquait les yeux, bien que jouant aussi au petit soldat bien obéissant, ils n'avaient vraiment compris que plus je les rencontrais et que plus j'éprouvais un sentiment de recul marqué.

Bon la plaisanterie n'a pas traîner en longueur, c'était l'affaire de 3 mois au grand max, cependant j'en ai encore gardé des traces traumatisantes !

Plus tard, il m'est arrivé de côtoyer d'autres spécimens du même cru, je maîtrisait relativement bien le verbiage ad-doc et assez rapidement et à chaque occasion après avoir creusé dans la confidence, c'était encore et toujours le même constat ; "vouloir anéantir", "détruire". "saboter", etc.. la société créditée de "capitaliste" dans laquelle nous vivons !

Par la suite, j'ai pu constater que pratiquement tous ces apprentis soldats, souvent issus de familles de richissimes banquiers, de magnat de l'immobilier, avaient trouvés des postes dans l'administration, la presse et les médias étatiques, je pourrais vous citer des dizaines de noms, mais ils se reconnaîtrons !

Écrit par : Corto | 06/07/2018

J'avais oublié, les carrières politiques !!!

Écrit par : Corto | 06/07/2018

Les commentaires sont fermés.