03/05/2016

RBI Oui ou non ?

L’initiative sur le Revenu de Base Inconditionnel fera l’objet d’une votation en juin. Oui ou Non ? Faute d’informations il est actuellement difficile de répondre à cette question.


Ca coûterait très cher et cela inciterait les gens à ne plus travailler disent les opposants. C’est finançable disent les autres.
Essayons donc de comprendre comment cette initiative pourrait être appliquée et quelles en seraient les conséquences.
Mais en préambule examinons la situation actuelle. La misère en Suisse se trouve principalement parmi les chômeurs, les AVS, les « workpoor » et les AI.

Le chômage :
Il stagne mais est néanmoins sur une pente croissante qui hélas ne peut que s’aggraver. D’une part il coûte cher (allocations et structures administratives) et d’autre part les organismes d’aide à l’emploi ne sont pas efficaces. Ce sont principalement des organes comptables. Et les formations proposées non seulement ne sont pas diplômantes mais pire, ne servent généralement à rien et n’ont aucune valeur pour les employeurs potentiels. A moins qu’il ne fasse tout pour s’en sortir, un chômeur est donc destiné à le rester.
D’autre part, dès qu’un chômeur retrouve un emploi, ses allocations et ses diverses subventions sont supprimées. C’est normal direz-vous. Oui mais pas toujours. Un chômeur à l’hospice doit à nouveau payer lui-même tous les frais qui étaient couvert par l’hospice, même si son salaire lui permet tout juste de survivre.
Moralité il travaille à nouveau mais pour être encore plus pauvre. Une véritable incitation à ne pas retravailler
De plus, l’une des principales raisons du chômage est le manque de diplôme. Curieusement l’expérience passée n’a aucune valeur auprès des employeurs. Aussi certains chômeurs décident de reprendre une vraie formation pour obtenir un vrai diplôme. Et à nouveau les lois le pénalisent. « Vous n’êtes plus chômeur mais étudiant » vous n’avez donc plus droit à certaines allocations. Et ses allocations de misère passent à des allocations ne lui permettant même plus de survivre.
Une véritable incitation à ne pas s’en sortir.
Alors étonnons nous qu’il y ait tant de chômeurs qui ont baissé les bras et se laissent guider par leurs conseillers qui de toute façon ne pourront rien faire pour les aider à retrouver un emploi. Et ne me dîtes pas que tous ces sans emploi sont heureux de ne pas travailler. Et ne me dîtes pas qu’un RBI inciterait les gens à ne plus travailler. Avez-vous jamais goûté aux joies d’être un exclu ?

La vieillesse, les « workpoor » et l’AI :
Combien de rentiers AVS survivent avec une rente insuffisante bien qu’ils possèdent parfois certains biens ? Ils possèdent leur logement … « ils n’ont qu’à le vendre »  … pour payer un loyer autre part qui leur coûterait beaucoup plus cher ! Personne ne semble vraiment se préoccuper d’eux. On en parle mais rien de concret n’est fait. Et ce ne sont pas eux qui iront dans la rue pour manifester leur misère. Et tous ceux qui travaillent pour un salaire de misère ? Ils ont un travail mais arrivent tout juste à survivre. Là aussi personne ne s’en soucie. Et tous les handicapés qui ne peuvent plus survivre que par les subventions de l’AI. Là aussi personne ne s’en soucie.

Donc de nombreuses administrations pour traiter de problèmes aussi différents que le chômage, la vieillesse, l’AI et pour subvenir aux besoins élémentaires des travailleurs sous-payés. Donc multiplication des coûts pour des résultats bien en deçà des espérances.

Passons maintenant au RBI.
Tout d’abord cela diminuerait certains frais administratifs des nombreuses organisations actuellement en place dont certaines tâches seraient supprimées et qui pourraient alors devenir plus efficaces.  L’organisation RBI gérant d’une part les cotisations (s’il y en a) et d’autre part les allocations, en liaison avec les autres caisses.
Mais ce qui me gène c’est le terme « Inconditionnel ». Je vois mal en effet qu’un RBI puisse être alloué à tous, en plus de ses propres revenus, sans aucune condition. Il doit forcément y avoir des conditions. Et je vois mal qu’il soit fixe et indépendant des revenus ou des aides sociales (à moins de toutes les supprimer et de les remplacer par le RBI). Pour moi, « inconditionnel » ne peut signifier qu’une chose : Un revenu minimum décent auquel chaque citoyen peut prétendre. Une BASE inconditionnelle décente.

Le RBI ne pourrait donc être alloué (en complément total ou partiel) qu’à ceux dont les revenus ou les aides sociales sont insuffisantes. En particulier aux chômeurs, à de nombreux AVS, aux « workpoor »  et à tous les handicapés. Et ceci sans leur couper la totalité des aides qui leurs sont déjà allouées. Le but étant qu’ils perçoivent un revenu de Base décent.
Enfin ce RBI ne pourrait être octroyé qu’à ceux qui sont domiciliés en Suisse depuis au minimum 10 ans et qui y ont travaillé un certain nombre d’années.
De cette manière ce RBI « inconditionnel » resterait inconditionnel. Seul son montant étant modulable pour que le revenu total soit un REVENU de BASE décent.

Envisagé comme cala, cela me parait jouable. D’autant plus qu’il n’a rien à voir avec le Revenu Minimum Garanti car il ne concerne que les « exclus » et les « esclaves » du monde du travail.
Mais attendons le texte de l’initiative pour voir si (comme on l’entend dire) ce RBI serait versé à tous indépendamment de ses revenus et en plus de ceux-ci. Ce qui alors me semblerait injustifié et coûterait très cher.

Commentaires

Tous ce qui est étatique pousse à la fainéantise. Trouvez- moi un exemple contraire et je vote votre RBI:

Écrit par : norbert maendly | 05/05/2016

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