25/03/2015

Dictature de la finance mondiale sur l’économie productive

 

L’argent est nécessaire, et donc les banques sont l’un des rouages essentiels de toute économie. Pourvoyeuses des fonds nécessaires à la recherche et à la production des biens et services, elles sont le passage obligé de toute prospérité économique et sociale.


 

 

Mais lorsqu’elles se mettent à ne plus fonctionner que pour elles-mêmes, pour ne plus produire rien d’autre que de l’argent, il y a alors un problème. Car pour s’enrichir encore plus, elles inventent des produits financiers de plus en plus complexes et risqués (mais très rentables) qui n’ont plus rien à voir avec l’économie réelle. De simples titres négociables comme du papier monnaie mais dont la seule valeur est celle du risque encouru.

Tels furent les subprimes, produits basés sur les emprunts hypothécaires à risques.

 

Après la crise des subprimes, de nombreuses banques ont du être renflouées par les Etats (donc les contribuables). Et aujourd’hui, certaines n’ont même pas remboursé ces dettes malgré leurs bénéfices de plus en plus extravagants.

 

Or d’où est venue cette crise ?

 

Dans les années 2000 la plupart des ménages américains vivaient à crédit en hypothéquant leurs maisons. Les banques ont alors inventé un produit dérivé basé sur les emprunts hypothécaires à risque, les subprimes. Le risque se trouvait à 3 niveaux.

  • Celui des emprunteurs peu fortunés et à faibles revenus.
  • Celui du montant cumulé de leurs divers crédits, tous financés par des hypothèques sur leurs biens immobiliers.
  • Et celui des taux contractuels (liés à la valeur hypothéquée : grande valeur faible taux) qui, s’ils augmentaient, pouvaient bloquer la machine financière.

Ce produit financier n’était donc sûr que si les emprunteurs restaient solvables malgré leurs multiples emprunts et que si les taux d’intérêts restaient bas et stables. Or les ménages US vivaient très au dessus de leurs moyens grâce à des taux très bas. Mais en 2006 les 1ers signes de défaillances apparurent avec pour conséquence une augmentation des taux sur les biens hypothéqués. Le marché immobilier s’effondra en 2007 et les biens hypothéqués ayant perdu de la valeur, les taux augmentèrent au-delà de la capacité de remboursement des ménages endettés.

Du coup une multitude de gens ne pouvant plus rembourser leurs hypothèques se sont vus expropriés et à la rue. Et de nombreuses banques furent prises à la gorge avec des actifs en  subprimes qui d’un jour à l’autre ne valaient plus rien. Sauf Goldman Sachs (GS) qui, ayant anticipé ( ? ) cette crise, avait vendu les siennes et fait un gros bénéfice. Si les taux étaient restés tels qu’ils étaient, cette crise n’aurait sans doute pas eu lieu. Mais les taux ont changé et l’on peut se demander par quel coup de génie seul GS avait flairé le danger. Henry M. Paulson Jr. ancien président de GS, n’a-t-il pas été nommé le 30 mai 2006 secrétaire au trésor des USA par G.W.Busch ? Et la crise n’a-t-elle pas débuté en juillet 2007 ?

Bizarre bizarre !

Et curieusement Paulson, chargé par Busch de régler cette crise, a suggéré à l’Etat de racheter ces junkfunds aux banques en difficulté (700 milliards de dollars) tout en laissant tomber Lehmann Brother (principal concurrent de GS) qui a fait faillite.

Bizarre n’est-ce pas !

 

De plus, pour faire face à l’effet domino de l’effondrement du système bancaire mondial consécutif aux actifs vérolés des subprimes, les Etats européens durent renflouer la plupart de leurs banques. Et tout à coup la réalité des endettements respectifs de ces divers Etats apparut au grand jour. Certains Etats étaient au bord de la faillite. Iceland, Grèce, Portugal, Espagne, Italie et même la France qui était prise à la gorge. Les critères de Maastricht étaient largement dépassés sans que personne n’ait jugé utile de le mentionner.

 

Et comme par hasard, certaines banques ont joué avec et sur les dettes des Etats européens (Grèce, Portugal, Italie) par des outils financiers à la limite de la légalité (swaps, hedge funds, titrages des dettes). En particulier Goldman Sachs (qui parie actuellement sur la faillite de la Grèce et espère en tirer de gros bénéfices) dont les dirigeants sont soit très bien introduits auprès de ces Etats, soit en poste dans leurs banques centrales et même jusque dans la direction de l’UE et de la BCE :

 

  • Mario Draghi, vice président de la branche européenne chez GS  (2002 à 2005) puis gouverneur de la Banque d’Italie (2006-2011) puis président de la BCE depuis 2011. C‘est donc lui qui, avec Papadimos, aurait « swapé » les dettes grecques (et peut-être italiennes). Et Jean-Claude Trichet n’était pas au courant. Ni le FMI non plus ! Ben voyons ! Ni Draghi lui-même qui « n’était pas au courant ».
  • Mario Monti, chef du gouvernement italien jusqu’en 2012 est conseiller international de Goldman Sachs depuis 2005.
  • Peter Sutherland fut conseiller international de GS tout en étant commissaire européen.
  • Loukas Papadimos, gouverneur de la banque de Grèce puis vice président de la BCE avec Trichet (2002-2010).

Selon Wikipédia : « C'est sous son mandat qu'a commencé le trucage des comptes  publics de la Grèce, au moyen d'instruments financiers proposés par la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, qui a conduit à la crise de la dette publique. Il sera par la suite nommé à la tête du gouvernement grec pour mettre en place une politique d'austérité supposée résoudre cette crise. ». Autrement dit il fut chargé d’assommer le peuple grec pour lui faire éponger ses propres magouilles.

Et le comble est que Gary Cohn, président de GS serait venu en personne à Athènes fin 2011 pour proposer aux grecs de refaire le coup des swaps … et qu’en parallèle il jouerait sur les marchés sur le défaut de paiement grec. Que c’est beau !!!

 

Tous ces responsables  ( ? )  sont donc liés comme culs et chemises avec GS. Ils en partagent la culture du secret et la fidélité sans faille à GS et se foutent donc éperdument des problèmes sociaux créés par leurs magouilles mafieuses. Et ils sont donc parfaitement au courant des magouilles de chacun. Mais évidemment, sans preuves, « je n’étais pas au courant ».

 

On assiste donc aujourd’hui à la main mise de la finance pour le fric sur la finance pour l’économie et à la cancérisation au plus haut niveau de toutes les arcanes financières de l’UE.

 

Je ne suis ni extrémiste de gauche ni socialiste, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il serait peut-être temps que tout ce système bancaire mafieux se résolve un jour à payer les pots cassés. Et franchement, je comprends les grecs qui ruent contre ces piranhas de la finance qui les ont piégés.

 

Et ce n’est pas fini. Où vont tous les milliards d’Euros que la BCE (sous la direction de Mario Draghi, encore lui)  imprime journellement pour relancer l’économie européenne ? Du haut de son perchoir, Mario nous affirme d’un ton condescendant qu’elle va mieux car l’inflation va repartir à la hausse. Ben voyons ! Les banques thésaurisent les milliards de Mario, faute de financement les entreprises peinent toujours à entreprendre, les chômeurs continuent à brouter l’herbe qui leur reste et l’Euro, à force d’être imprimé, ne vaudra bientôt plus rien. Avec un tel président de la BCE tout ne pourra donc qu’aller mieux car lorsque l’Euro ne vaudra plus rien, les dettes de tous les Etats de l’UE seront réduites à zéro. Mais alors un pain vaudra 100 milliards d’Euros, comme dans les années 30 en Allemagne. Et grâce à Goldman Sachs et ses sbires, les USA pourront à nouveau se gausser d’une UE qui par l’incompétence de ses dirigeants aura réussi à se mettre en faillite.

 

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