24/01/2015

L’Euro et les retraites

Depuis la crise, il n’y a eu aucune augmentation des retraites. Et dans certains pays elles ont même été réduites. Comme les salaires d’ailleurs. On parle d’une réduction de plus de 30% en Grèce. Comment voulez-vous que les retraités qui vivaient d’une petite rente puissent aujourd’hui  vivre encore correctement ?


Et parmi eux il y a tous les retraités (suisses ou non) qui ont vécu toute leur carrière professionnelle dans l’UE et qui pour vivre une retraite tranquille près des leurs dans un beau pays ont décidé de venir finir leur vie en Suisse.

Aujourd’hui il y aurait plus de 732.000 suisses vivant à l’étranger dont 60% en Europe.
http://www.swissinfo.ch/fre/dossiers/la-suisse-ailleurs--...
Ce nombre fut d’ailleurs toujours important. En 1993 il était de 504.000 pour atteindre 732.000 en 2013.
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/01/02/...
On peut donc penser qu’un grand nombre de retraités suisses (et probablement de ressortissants de l’UE) demeurent aujourd’hui en Suisse avec une retraite en Euros.

Or si au début des années 2000 un Euro valait plus de 1.60 CHF (même1.65 CHF), il n’a plus valu que 1.2 CHF pendant 3 ans, soit une diminution de 27%. Et aujourd’hui il ne vaut plus que 0.98 CHF. Soit une diminution de 40%. Autrement dit les pensions de ces retraités ont été réduites de 27% puis de 40%.
Et personne n’en parle. La belle affaire ! Ils n’avaient qu’à travailler en Suisse. Ouais, pas si simple. A l’époque on trouvait plus facilement un job à l’étranger qu’en Suisse.

On ne cesse de parler des entreprises suisses, de leurs coûts de production, de leurs marges, du chômage qui risque d’augmenter, mais personne ne parle de ces retraités dont les pensions subissent aujourd’hui la plus grande dévaluation. Même pas les retraités eux-mêmes. Serait-ce qu’ils bénéficient de retraites si faramineuses qu’une diminution de 40% ne les affecte que peu ? Compte tenu des salaires européens pratiqués depuis des décennies, une telle hypothèse est hautement improbable. Ceci d’autant plus que la Suisse a toujours pratiqué les salaires parmi les plus élevés d’Europe.

Alors j’attends que quelqu’un en parle. Madame Mamarbachi  par exemple dans son émission Infrarouge.
Et j’attends que la BNS et notre gouvernement se penchent sur le problème. La situation devient intenable aussi bien pour notre économie que pour les milliers de retraités de l’UE qui vivent en Suisse. La BNS par exemple qui s’accroche si farouchement à la valeur du Franc fort (comme l’a fait la BCE pendant des années) ne pourrait-elle pas faire comme la BCE : injecter des liquidités dans notre économie et donc dévaluer le Franc (comme le fait la BCE aujourd’hui et comme l’a fait la Banque Fédérale des USA dès le début de la crise).
Ah mais il s’agit de notre crédibilité, de la confiance de nos investisseurs. La belle affaire ! Moi je ne crois qu’en un système financier qui se soucie plus de son peuple et de son économie que des bénéfices de ses banques.

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