05/06/2014

Un séisme programmé

Un séisme parait-il. Je dirais plutôt une conséquence.
Vouloir faire une Europe unie sans se préoccuper des différences économiques, sociales, linguistiques, géographiques, culturelles et historiques des nations qui la composent est une utopie.


L’accroissement des eurosceptiques et la radicalisation des nationalismes n'en est que la conséquence. C’est la conséquence d’une UE bureaucratique, technocratique et tracassière, à l’administration pléthorique qui s’occupe plus de créer des normes (la forme des concombres,  la taille des tomates, les dimensions des niches de chien) que de gérer l’Union. Elle a oublié que son rôle est de permettre à chaque nation de se développer en harmonie avec les autres, de veiller à l’état des finances de ses Etats membres, et de se soucier du sort des peuples les plus pauvres pour éviter que leurs ressortissants émigrent là où l’on vit mieux, créant ainsi toutes les conditions des récessions sociales, de la résurgences des diverses xénophobies, et de la radicalisation des nationalismes.
La crise financière mondiale n’a préoccupé que les milieux financiers et les Etats ont du enfin admettre que leurs caisses étaient vides suite à l’accumulation continuelle de leurs dettes. Qu’a fait l’UE pour éviter ces faillites ? Rien. Elle n’a fait que constater.
Un laxisme général, aussi bien au niveau des Etats que de l’UE, avait créé les conditions d’une récession générale. La note de nombreux pays de l’UE fut dégradée et pour redresser leurs finances, au lieu de diminuer leurs propres budgets par des mesures qui pour des raisons électoralistes ou d’orgueil national n’avaient jamais été prises, ces pays ont fait peser le poids des restrictions nécessaires sur leurs peuples qui n’y pouvait rien.
Au lieu de palabrer en de multiples cessions, l’UE ne s’est jamais préoccupée du chômage qu’au niveau statistique et de l’économie que par des subventions. Chaque député se devait d’obtenir des subventions. Le lait exporté subventionné et ce même lait transformé en yaourts ou fromages réexporté et resubventionné. Un gâchis à la fois financier, écologique et économique. Des filières entières furent subventionnées au lieu d’être réorganisées. La pêche qui a réussi peu à peu à vider les mers, l’agriculture intensive qui a créé la vache folle alors que les petits producteurs vivent dans la misère.
Et au lieu d’aider les peuples les plus pauvres à améliorer leurs propres économies,  sous couvert du droit fondamental des peuples à circuler librement dans l’union, l’UE a permis à ces peuples d’exporter leurs misères vers les nations les plus riches ouvrant ainsi la voie au chômage général, à la concurrence salariale, aux délocalisations et à tous les troubles sociaux de ces dernières années.
Il n’est donc pas étonnant que pratiquement tous les Etats de l’UE l’aient sanctionnée d’un carton rouge en élisant autant de députés eurosceptiques ou ultra nationalistes. En se préoccupant plus de la forme de ses lois et de leur application rigide que du fond des problèmes et de ce qu’aurait du être son action, l’UE a bien mérité cette sanction.

Les résultats des élections européennes françaises n’étonnent donc personne. Elles étaient d’ailleurs déjà programmées lors de l’élection de François Hollande. Un homme idéaliste et plein de bonnes intentions qui  fut peut-être élu grâce à son « Moi Président » mais surtout pour éliminer Nicolas Sarkozy.
D’emblée Hollande basait le succès de son programme sur des hypothèses irréalistes et sur une « boîte à outils » équipée tout au plus d’un tournevis et d’un marteau. Il fallait être très naïf ou inconscient pour y croire. Et la suite fut conforme aux prémices. A force de ne pas entreprendre les réformes nécessaires et urgentes, de ne réorganiser ni l’Etat, ni les structures pléthoriques de son administration, de ne pas réduire ses dépenses somptuaires, de ne pas transformer un code du travail qui n’est qu’un code kafkaïen de l’emploi, de ne pas relancer l’économie par de mesures courageuses, de ne pas réduire une dette qui continuait à prendre l’ascenseur, le gouvernement s’est acharné sur le peuple en lui faisant supporter tout le poids de réformes qui ne faisaient qu’enfoncer la France, faire fuir ses entreprises, augmenter le chômage, ou qui ne menaient à rien. Et l’affaire Cahuzac n’a fait que jeter le discrédit sur une classe dirigeante incapable d’être en accord avec ses propres valeurs.
Mais il faut dire également que l’UMP et les partis du centre ont aussi bien aidé le FN. Par ses dissensions internes, les affaires plus ou moins crapuleuses de ses dirigeants, l’UMP n’a fait que confirmer que ses propres dirigeants n’œuvraient pas pour la France mais pour leurs propres intérêts, donnant raison à Marine Le Pen lorsqu’elle disait que « l’UMPS » n’avais jamais rien entrepris pour le bien de la France.
Et le discours du FN a porté. Ce parti a récolté à gauche comme à droite les voix de tous les français déçus, de tous les ras le bol, de tous ceux qui n’avaient plus d’espoir en un avenir serein dans une France dirigée par des hommes capables et dignes de confiance.
Continuer ainsi c’est mener la France à la déchéance et par là assurer au FN la prochaine présidence de la République. Ce serait alors la ruine d’une France qui se retrouverait isolée face à une mondialisation générale des économies, avec une monnaie dévaluée qui ne vaudrait plus rien.

Et ce serait le sort de l’UE qui, à force de ne rien faire d’autre que d’appliquer ses dogmes et de subventionner l’inutile, risquerait d’éclater sous les pressions conjuguées de tous les nationalismes déçus. Ce serait le retour à une Europe morcelée, à un chacun pour soi où chaque pays, recroquevillé sur sa propre histoire et ses propres problèmes n’aurait plus de salut qu’à l’aide des USA, de la Russie ou de la Chine qui s’empresseraient de coloniser leurs industries ou d’implanter les leurs.

Commentaires

Vous avez tellement raison que l'on ne voit pas quel commentaire on apporterait sinon que si l'on admettait que l'on s'est perdu en cours de route la seule chose à faire serait de faire demi-tour jusqu'au lieu où nous trouvions au moment de nous mettre en route puis de reprendre la route non pour des affaires inavouées, occultées de charbon et autre tout en prétextant, en affichant PAIX! Pays alliés, pays solidaires, respectueux, vous l'écrivez, des différences économiques, sociales, linguistiques, géographiques, culturelles et historiques (et, avant tout, conjoncturelles)! de chacun de ces pays l'un n'étant pas l'autre et vice versa.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/06/2014

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