09/04/2014

Salaire minimum

En France, le SMIC est de 1445€/mois (9.53€/heure) soit 1734CHF/mois. Au Luxembourg il est de 1874€ (le plus haut SMIC de l’UE), en Hollande de 1470€, en Belgique de 1502€, alors qu’en Bulgarie il est de 159€ (le plus bas de l’UE), en Pologne de 393€. En Allemagne il n’y a pas de SMIC, et certains salaires sont parfois peu décents (surtout pour les travailleurs immigrés peu qualifiés). Voir http://entraide-sociale.com/smic-europe/


Et en Suisse, nous allons voter pour un SMIC à 4000CHF/mois soit 3333€/mois. Autrement dit, forcer toutes les entités qui emploient du personnel (Entreprises, indépendants, artisans, artistes, paysans, etc.) à payer ce personnel au minimum 4000CHF/mois.
Cela mène à différentes remarques.

1) Si cette initiative part d’un bon sentiment, il est inutile de dire que la Suisse va devenir l’Eldorado de l’UE et que tous ses chômeurs ou ses travailleurs peu qualifiés vont vouloir immigrer en Suisse.

2) Si les grands groupes pourraient supporter un tel SMIC (certaines le pratiquent déjà), qu’en sera-t-il pour nos PME, nos artisans, nos artistes et nos paysans qui peinent déjà à joindre les deux bouts. Certaines PME devront licencier ou fermer (à moins qu’elles ne délocalisent), certains artisans devront se séparer de leur rare personnel, certains groupes artistiques disparaîtront et nos paysans aussi, à moins qu’ils n’embauchent plus que très temporairement. Par conséquent certains métiers disparaîtront, les emplois à durée indéterminée (CDI) diminueront pour être remplacés par des emplois temporaires (CDD) et le chômage comme le travail au noir augmenteront.

3) Pour payer ce chômage et palier à la baisse des recettes fiscales dues à la disparition des entreprises, à l’augmentation du travail temporaire et du travail au noir, les impôts devront augmenter, ce qui annihilera quasiment l’augmentation du pouvoir d’achat escompté par cette initiative.

4) Les salaires ne sont pas une affaire d’Etat. Ils sont déterminés entre les employeurs et les salariés, soit de gré à gré, soit sur la base des conventions collectives du travail négociées par branches entre le patronat et les syndicats (l’Etat n’a rien à y voir). En France c’est l’Etat qui fixe toutes les règles et le Code du travail est devenu si complexe que plus personne n’y comprend rien, à part le fait qu’il est très difficile de licencier, que la fiche de salaire est l’une des plus compliquées au monde, et qu’en période de crise un employeur ne peut pratiquement pas renégocier les salaires, même temporairement (surtout le SMIC qui est inviolable). La seule chose qu’il puisse donc faire c’est de licencier !

5) Un salaire minimum général pour toute la Suisse et toutes ses entreprises est une hérésie, une débilité mentale. Selon sa taille et sa branche d’activité, une entreprise doit faire face à certains coûts, et mettre sur le même pied une PME, un artisan, un paysan, un artiste ou une grande entreprise est tout simplement un outrage à la raison.
C’est un peu comme les 35 heures pour tous en France dont le but était de faire diminuer le chômage et qui n’a eu comme effet que de l’augmenter par le remplacement des emplois CDI par des CDD. Avec en prime l’augmentation des burnouts dus au stress accru des employés qui, moins nombreux, devaient faire autant ou plus en moins de temps.

Je ne sais pas qui a eu l’idée de cette initiative, mais j’aurais tendance à croire qu’il (elle) n’a jamais été en contact avec la vie professionnelle et ne s’est jamais penché ni sur les différences entre les diverses professions, ni sur les conséquences d’un SMIC, surtout aussi élevé. Une idée romanesque teintée d’égalitarisme étatique à la française, comme le fut au début l’idée du communisme, mais qui à l’usage s’est révélé despotisme, terrorisme et ruine pour le seul grand bien des dirigeants.

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