19/02/2014

La Suisse face aux principes

Chaque occasion est bonne pour taper sur la Suisse et ses institutions.
Et le résultat des votations sur l’immigration du 9 février donne à tous les censeurs bien pensants l’occasion de hurler en cœur.


Je ne parle pas de Manuel Barroso, président de la commission européenne qui, coincé dans son rôle de défenseur des institutions européennes, ne peut qu’invoquer les aspects juridiques de cette affaire et se placer dans une position d’attente « wait and see » tout en laissant filer les premières mesures de rétorsions (Erasmus et Horizon 2020) pour bien montrer qu’on ne discute pas avec l’UE et que c’est à la Suisse de trouver des solutions.
Et je ne parle pas d’Angela Merkel, la seule qui adopte ouvertement une position positive et qui ne critique pas la Suisse, qui en comprend les problèmes et qui, un peu comme Barroso, préfère attendre pour voir. Pour la chancelière allemande, des mesures immédiates seraient contreproductives.
Et ces deux dirigeants savent parfaitement qu’en Mai les élections européennes risquent de tout chambouler. Alors ne soyons pas trop dogmatiques car tous les pays industriels de l’UE sont concernés par l’immigration et trop de dogmes risquent d’exacerber les extrêmes.

Mais la France ! Ah la France où ses élites au pouvoir ne savent que clamer à l’infamie de la Suisse et à la nécessité de lui faire payer son arrogance. Le ministre de l’intérieur Manuel Valls et le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, réclament qu’au nom des « principes européens » des sanctions exemplaires et rapides soient appliquées. Les principes, c’est d’ailleurs bien pourquoi la France va si mal. A force de principes, elle va directement dans le mur.

Mais le comble du grotesque est exprimé par le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, condamné à 2 reprises en 2012 pour injures et diffamation. Ne pouvant montrer d’autre résultat de son ministère que le subventionnement massif de certaines entreprises (aux frais des contribuables évidemment), il ne trouve comme exutoire que la Suisse qu’il ne s’est jamais privé de critiquer et d’injurier. Pour lui «La votation suisse, c'est du lepénisme, en vrai». Injures auxquelles notre président, Didier Burkhalter a vertement répliqué le 18 février dans la Tribune de Genève : «Tout ce qui est excessif est insignifiant. La politique, c'est penser au résultat final, et non pas se concentrer sur l'expression qui va faire le buzz du jour!»
D’ailleurs je vous recommande de visionner les sites suivants. Dans la 1ère vidéo, Montebourg est fortement critiqué :
http://www.dailymotion.com/video/x1ckuev_haro-sur-arnaud-...

Et dans celle-ci, il fait la démonstration de son agitation et de son incompétence en invoquant des résultats qui n’en sont pas et en affirmant que tout vient de la crise et non de la France.
http://www.franceinter.fr/emission-le-79-arnaud-montebour...

Et sur la votation, Montebourg fait dans le grand :
http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/5625425-vote-a...

Mais hélas il n’y a pas que la France. Même Christian Levrat agite la sonnette. Selon le journal Le Temps du 17 février, il aurait dit : 
« Suite au vote inacceptable du 9 février sur l’immigration, il faut unir les forces humanistes d-u pays et imposer l’arrimage à l’UE. Ou alors, divorcer de la Confédération ».
C’est montrer son attachement à nos institutions. Signalons en passant que si le NON  l’avait emporté et que l’UDC ait traité d’inacceptable le vote des suisses, ce cher Monsieur Levrat aurait hurlé au scandale.

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