05/11/2013

Survivre

Pour survivre, une entreprise doit respecter de nombreuses conditions. Faire des bénéfices, être sur un marché porteur, innover, avoir de bonnes relations avec sa clientèle, ses fournisseurs, ses banques, ses actionnaires et ne l’oublions pas avec ses employés.


Une entreprise est un corps vivant qui, comme tous les corps vivants doit prévoir et s’adapter à son environnement et parfois prendre des mesures sans lesquelles elle disparaîtrait.
Parmi ces mesures il y a hélas le licenciement d’une partie de son personnel.
On peut s’insurger contre une telle pratique, surtout si les licenciements ne sont faits que pour obtenir une réaction positive de la bourse, mais on n’y peut rien. Quelle qu’en soit la raison, les licenciés se retrouvent à la rue.
Alors comment faire pour retrouver rapidement un emploi.
Prenons le cas d’un employé qui était apprécié, qui a fait correctement son travail mais qui n’a fait que çà. Les seules relations qu’il avait étaient des collègues ou des connaissances qui, une fois sur le carreau, ne lui sont d’aucune aide et qui même, parfois, cherchent à l’éviter. Il est alors « tout nu » face au marché de l’emploi et n’a plus qu’à envoyer des CV qui resteront sans réponse.
Et pourquoi ?
Parce que les recruteurs cherchent d’abord parmi leurs connaissances, parmi les gens qu’ils ont rencontrés et dont ils connaissent les qualités. Ils ne consulteront les CV d’inconnus que s’ils n’ont pas d’autres solutions. Et ils les liront en une ou deux minutes, en diagonale, sans chercher vraiment à approfondir. Surtout que pour un recruteur un chômeur est quelqu’un qui a raté quelque part, et s’il est chômeur de longue durée c’est que personne ne veut de lui. Et comme le poste doit répondre à certains critères, comment savoir si le candidat répond à ces critères sur la base d’un simple CV. Donc la majorité des CV passe à la poubelle.

Un employé doit donc se faire connaître. Les entreprises ne témoignant aujourd’hui plus aucune fidélité envers leurs employés, il devient normal que ceux-ci agissent de même. Il est donc primordial qu’un employé, quel que soit son poste, développe son propre réseau, son « carnet d’adresses », étende ses relations et se fasse connaître par des gens qui pourraient lui être un jour utiles. Des recruteurs, des gens bien placés dans d’autres entreprises, d’anciens collègues qui ont quitté son entreprise pour une autre. Et s’il a réalisé un travail digne d’intérêt, il doit aussi le faire savoir à l’extérieur de son entreprise.
C’est toute la différence entre être un inconnu ou être reconnu sur le marché du travail.

Mais il n’y a pas que le réseau. Il y a aussi le marché, celui de l’emploi. Lorsqu’il est actif, un employé doit se renseigner sur les entreprises agissant sur le même secteur que celui de son entreprise ou sur celles qui pourraient l’employer. Que font-elles, qui sont les responsables, qui sont leurs concurrents. Recrutent-elles ou ont-elles des difficultés ?

Et il y a l’image de soi. La plupart des chômeurs sont démotivés et cela se sent dans leur présentation. S’ils sont convoqués pour un éventuel entretien d’embauche, ils doivent donc garder la tête haute, la voix claire, ne pas hésiter à dire qu’ils sont sans emploi (ce n’est pas honteux), et surtout ne pas ni se vanter ni cacher leurs lacunes. Etre franc et clair. Et ceci aussi bien dans leur présentation que dans leurs CV. En une phrase : « Je suis sans emploi, vous avez un poste à pourvoir et mes compétences sont justement celles que vous recherchez ».
Attaquer bille en tête tout en restant crédible. Et ceci nécessite un travail de préparation. Il faut se renseigner sur l’entreprise et sur le poste à pourvoir (pas toujours facile) afin de rassembler tous les arguments en votre faveur.

Et enfin il y a les ORP (Offices Régionaux de Placement). Il y en a 130 en Suisse. Ils sont censés aider les chômeurs à retrouver un emploi et les entreprises à trouver un candidat. Hélas leurs conseillers se bornent surtout (et pratiquement uniquement) à comptabiliser les recherches des chômeurs qui doivent remplir des quotas de CV chaque mois sous peine d’amendes. Et les entreprises ne leur communiquent leurs besoins que pour des postes subalternes. Il y a bien une base de données à la disposition des chômeurs mais souvent les postes indiqués sont déjà pourvus. Les ORP sont donc de simples offices d’enregistrement, sans aucune aide réelle en faveur des chômeurs. Et pour certaines professions (les travailleurs du spectacle par exemple), les ORP n’ont rien à proposer. Or il semblerait si simple que les conseillers se servent eux-mêmes de leur base de données pour orienter et conseiller les chômeurs. Serait-ce si compliqué ?

Commentaires

Bonjour, votre texte tombe à point nommé. J'ai publié aujourd'hui les deux premiers papiers d'une série de trois sur des jeunes chômeurs déjà en fin de droit (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/cri-meres-enfants-chomeurs-longue-duree/story/26776711). Votre texte est-il le résultat d'une expérience vécue? Bien à vous

Écrit par : Jean-François Mabut | 05/11/2013

J'ai aussi écrit un texte paru dernièrement sur ce blog : "Un chômeur est-il un pestiféré ?". Il est accessible en visualisant "tous les blogs".
Hélas comme mes textes restent au plus 2 jours à l'affiche (alors que certains y restent plus d'un mois), il est passé à la trappe.

Écrit par : Lambert | 05/11/2013

C'est exact. J'ai été 2 fois au chômage en France et hélas je sais comment ça se passe. Et à partir de 50 ans c'est quasiment foutu.
J'ai constaté que la meilleure issue est un "carnet d'adresses", et je sais pour avoir enquêté que les recruteurs (DRH, cabinets spécialisés, chefs d'entreprise ou autres) ne font appel aux CV qu'en dernière solution.
De plus il faut être direct et ne pas attendre qu'on vous demande quel est votre emploi actuel pour dire que vous êtes sans emploi. Lors de l'une des convocations que j'ai eu la chance d'avoir j'ai attaqué bille en tête et les présentations faites j'ai dit en le regardant droit dans les yeux "Je suis sans emploi, si ça vous pose un problème restons en là. Nous gagnerons tous deux du temps". Estomaqué il m'a dit de m'asseoir et la discussion fut vraiment constructive. Et a débouché sur un emploi ... mais pas celui pour lequel il était mandaté.

Enfin, les ORP et l'ANPE française ne sont que des organismes d'enregistrement. Totalement inutiles dans leurs structures actuelles.

Et une dernière remarque. J'ai créé 2 entreprises. Et je n'ai recruté que des chômeurs. Et je n'ai jamais vécu un tel enthousiasme au travail ! Je travaillais 7j/7 et fréquemment (sans que je leur demande) ils venaient le samedi pour travailler.

Bonne chance pour votre étude que je lirai certainement.
Michel Lambert

Écrit par : Lambert | 05/11/2013

A propos de chômage et d'image de soi, responsable d'une permanence centre de contact pour personnes en recherche d'emploi, l'authentique anecdote suivante, une personne au courant des mon activité me prend à part et : "dites-moi, M.B., entre nous, ces chômeurs, ils sont quand-même des fainéants, n'est-ce pas!! Je réponds en choisissant l'exemple d'un jeu qui autrefois ne s'appelait pas la chaise musicale mais la mer agitée... et je précise que quand bien-même un joueur peut-être mieux placé, plus vif, etc., du moment qu'il manque une chaise (un emploi) quand la musique s'arrêtera et que les joueurs devront s'asseoi un joueur restera debout par manque d'emploiN(chaise) manque d'emplois à mettre au pluriel... La dame ne dit plus rien. Six mois se passent, nouvelles rencontre, la dame de me prendre à part et... Lambert, et tous les autres, vous ne me croirez pas, pourtant je confirme, pas question de gag, nouvelle, exactement nouvelle même question que six mois auparavant!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 05/11/2013

Ce que vous dîtes ne m'étonne pas. Beaucoup de gens pensent que les chômeurs sont des profiteurs, à commencer par les ORP qui les pénalisent s'ils n'ont pas rempli leurs quotas de CV.
Mon fils est sans emploi depuis bientôt 1 an et malgré tous ses efforts il ne trouve rien. Il n'a hélas aucun diplôme d'Etat, et dans ce pays c'est une tare.
Exemple d'idiotie : Ayant fait toute ma carrière dans le marketing et la direction d'entreprises, lorsque j'ai pris ma retraite j'ai voulu faire profiter des jeunes de mon expérience. Une école pour adultes se trouvant près de chez moi, je lui ai présenté mes idées. Jugées très intéressantes mais il fallait que j'aie un diplôme. Diplômé en physique nucléaire du Poly de Zürich, tout était parfait et j'ai donné mes cours.
Question : Quelle relation y a-t-il entre la physique nucléaire et le marketing et la direction d'entreprises ???
On m'aurait demandé un diplôme en économie, j'aurais compris. Mais là j'en suis resté baba !

Écrit par : Lambert | 06/11/2013

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