28/02/2013

Productivité et misère

Dans le calcul de la productivité le coût du travail tient une place importante. Donc plus on fera le même boulot avec moins de personnel plus on sera productif.


Conséquence : Réduction de la main d’œuvre … donc chômage, maladies professionnelles, burnouts, suicides et même assassinats, grèves et manifestations qui coutent bonbon à la société et qui ne font que révéler une déliquescence dramatique de nos sociétés productivistes.
Or ces couts induits ne sont pas comptés dans le calcul de la productivité. Chaque entreprise cherche à être productive sans se soucier du résultat de cette course à la réduction des coûts de production sur la société elle-même. Il en résulte que si elles sont de plus en plus productives, au niveau du pays la situation est toute autre. Il n’est plus du tout productif.
Une entreprise très productive dont la moitié de son personnel est malade n’est plus productive du tout. Et il en va de même au niveau global de la société.
En effet, le coût du chômage comme celui des maladies professionnelles et des burnouts ne sont de loin pas couvert par les cotisations sociales puisque celles-ci sont en constant déficit et que celui-ci ne fait que progresser.
C’est donc une grave erreur de ne pas considérer les couts de cette misère dans la productivité globale d’un pays car si ses entreprises sont très productives cela ne signifie finalement pas que le pays lui-même soit productif. Il produit de plus en plus de misère. Et le cout de cette misère est payé par la société elle-même au travers des impôts.
Mais hélas nos multiples dirigeants ne semblent pas l’avoir compris. En effet, dans les écoles de management on apprend toutes les techniques pour presser le citron des employés, comment les soumettre et faire en sorte qu’ils se crèvent encore plus au travail ou démissionnent. On les rend hyper responsables de leur travail ou on les dénigre pour pouvoir les garder sous pression et pouvoir leur reprocher la moindre baisse de performance. C’est la technique US et asiatique. Et toute l’UE s’y est mise. Mais en corollaire on obtient un chômage galopant, des burnouts et de nombreuses maladies psychiques et physiques liées aux conditions de travail.
Faisons alors le calcul plus réaliste suivant : Aux coûts du travail (salaires + charges sociales) on rajoute tous ces coûts induits.
Je pense alors que tous les ratios mondiaux de productivité seraient considérablement revus à la baisse et que les cartes seraient distribuées de manières tout à fait différentes.
Hélas, la concurrence mondiale force les entreprises à la réduction des couts sans se soucier des conséquences sur la société elle-même. Exactement comme celles qui rejettent leurs déchets à la mer sans se soucier des conséquences sur les écosystèmes.
Il serait donc peut-être temps de revoir notre modèle économique et peut-être de faire payer aux entreprises le cout réel de leurs licenciements.
Car finalement une entreprise vraiment productive ne serait-elle pas une entreprise où les employés en bonne santé sont heureux de travailler parce qu’on les respecte et qu’on leur fournit des conditions de travail qui les incite à se donner à fond ?
Tiens, ça c’est une bonne question !

 

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