05/02/2012

L'initiative Weber contre les résidences secondaires

A première vue cette initiative tient du bon sens. Dans les régions touristiques il y a trop de lits froids qui ne rapportent rien aux communes.

 


L'idée est apparemment bonne car ne pouvant plus construire pour "des étrangers, des touristes", les habitants ne pourront plus faire de la surenchère sur leurs terrains et leurs enfants pourront y bâtir leur propre résidence à des prix raisonnables.

Or si ces "étrangers touristes" sont des gens qui habitent et sont domiciliés autre part, une grande partie d'entre eux sont originaires du pays et aimeraient disposer d'une maison pour leurs vacances et pour leur future retraite. L'initiative Weber le leur interdirait donc.

Et à y voir de plus près, on se rend compte que bon nombre de ces résidences sont louées et contribuent donc au tourisme local.

De plus, en voulant limiter à 20% le nombre de résidences secondaires l'effet risque d'être désastreux et contraire à l'idée initiale. Les "étrangers, touristes" n'auront en effet plus qu'une solution. Racheter très cher les chalets que d'autres "étrangers touristes" auront construit. Et illico les prix des chalets et des terrains augmenteront.

Et autre effet dévastateur, comme le nombre "d'étrangers" restera limité et ne pourra croître qu'en fonction de la croissance du nombre d'habitants, le tourisme stagnera, voire décroitra car les infrastructures vieillissantes ne pouvant plus être remplacées, les "touristes" iront s'investir ailleurs.

On risque donc de voir éclater une bombe à 2 effets. Une augmentation très rapide du prix des chalets bâtis suivie d'une désertification touristique lente conduisant peu à peu tous les commerces locaux à la faillite. Une désertification lente des petites communes.

Pour faire face à une telle évolution, les communes n'auront donc plus qu'une solution. Construire des hôtels. On a vu le résultat dans certaines grandes stations. Faillites, transformations en appartements, débâcle financière. Alors est-ce que les petites communes voudront tenter une telle gageure ? Sans compter sur l'effet visuel des sites où de grandes tours viendront s'insérer dans la beauté des vieux villages. Du béton partout, Dieu que ce sera beau !

Non Monsieur Weber, votre initiative est décidément une inepsie économique, sociale et culturelle.

Laissez les communes et leurs habitants gérer eux-mêmes le futur de leur environnement sans être soumis à une législation contraignante, ubuesque, kafkaïenne et suicidaire.

Commentaires

Tout à fait d'accord avec vous :

NON, NON et NON à l’initiative Franz Weber «pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» ! ! !

On fait dire ce que l’on veut aux chiffres.

Prenons un seul exemple, Bagnes, où se trouve la station de Verbier, visée par cette initiative dangereuse. La commune a une superficie de 282 km2, aussi grande que Genève, les zones d’habitation « ENVAHISSENT »… 3 km2, à peine plus de 1 % !! (source : OFS)

Le reste ? Un parc naturel de 150 km2, des alpages, des forêts, de belles montagnes, des glaciers, etc… Ils sont en train de bétonner nos paysages ? Il ne faut pas exagérer : les zones laissées à la nature dans cette commune sont plus grandes que le lac de Neuchâtel !

Bien sûr, il faut freiner les constructions. C’est pourquoi de nombreux règlements sont en train d’être mis en place dans les communes touristiques pour limiter les résidences secondaires. FAITES CONFIANCE AUX POPULATIONS LOCALES pour gérer leurs intérêts et leur avenir.

Ne faisons pas fuir les touristes, ces gens dont les régions de montagne ont tellement besoin, et qui permettent aux locaux de rester habiter dans leurs vallées.

Et encore pour des dizaines d’autres raisons valables, NON à cette initiative extrême !

Écrit par : Alain | 09/02/2012

Vraiment bien fait ton article, j'attend d'en lire plus. Bonne continuation et à bientôt :)

Écrit par : mutuelle animal | 14/02/2012

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