01/06/2011

L'art de souffler dans le sens du vent

Les politiciens m'étonneront toujours par leur capacité à retourner leur veste et à ne s'intéresser aux choses que si elles servent leurs intérêts.


L'émission Infrarouge du 31 mai fut une foire d'empoigne entre des politiciens qui ne comprenant rien à la technologie se bornaient à affirmer des chiffres sans en comprendre le sens. La présence de spécialistes eut été bienvenue. Mais cela aurait cloué le bec à la plupart d'entre eux. A part quelques paroles censées, ce fut donc une avalanche de chiffres contradictoires issus d'études " très-sérieuses " que chacun brandissait selon ses propres intérêts. Il était en particulier frappant de voir comment, selon son habitude, Mr. Darbelay a retourné sa veste dans le sens des sondages. Sans avis particulier avant Fukushima et allant plutôt dans le sens du nucléaire (en phase avec le Conseil Fédéral et les statistiques des sondages auprès de la population), aujourd'hui il défend bec et ongles la sortie du nucléaire (toujours parfaitement en phase avec le Conseil Fédéral et les sondages).
Il est en effet curieux qu'avant Fukushima, le Conseil Fédéral considéraient que nos centrales étant très sûres, notre avenir énergétique passait par 2 nouvelles centrales, ce qu'admettait la population. Et après Fukushima et grâce à une " profonde-réflexion " de 3 mois du Conseil Fédéral, nos centrales n'étant plus sûres nous devions sortir du nucléaire à l'aide des nouvelles technologies, ce que souhaitait tout à coup la population.
Curieux revirement dû beaucoup plus à la peur qu'à la raison.
Et pourquoi d'ailleurs la sûreté de nos centrales n'a-t-elle pas été étudiée avant Fukushima ? Négligence, laxisme ou incompétence ?
Et pourquoi ces nouvelles technologies n'intéressaient personne avant ? Tout le monde s'en foutait, surtout les politiciens qui, pour la plupart, n'y voyaient que des gadgets. En Suisse " on a de l'eau " n'est-ce pas. J'avais essayé d'en parler à Monsieur Cina, responsable à l'époque de l'énergie du Valais. M'écoutant en regardant ailleurs il s'était éloigné sans écouter la fin.
En Suisse les nouvelles technologies n'ont jamais intéressé que les chercheurs. Des avancées majeures sont trouvées dans nos universités. Mais sitôt mises au point elles sont brevetées par des sociétés étrangères qui se font un plaisir de nous les vendre très cher.
Mais les votations de 2012 approchent. Il faut donc souffler dans le sens qui convient pour obtenir des sièges. Et ce sens c'est celui de la population, c'est la peur de Fukushima.
C'est ainsi qu'au lieu d'être une émission d'information objective animée par des spécialistes, Infrarouge du 31 mai fut une émission électoraliste animée par des politiciens qui, pour la plupart, n'ont cherché qu'à souffler dans le sens du vent et des sondages.

 

Les commentaires sont fermés.