01/04/2011

Mère au foyer, va donc travailler !

Beaucoup de femmes préfèrent s'occuper de leurs bambins. Et c'est bien car rien ne vaut le visage et la voix d'une mère pour apprendre les débuts de la vie à un enfant.


Mais il y a notre société qui considère qu'une femme doit travailler. C'est l'avis de Madame Jill Szekely, présidente du parti radical à Genève. Elle a pourtant été mère au foyer pendant 4 ans. Puis vu sa situation (banquière) elle a probablement payé quelqu'un pour garder son enfant pendant encore quelques années.
Travailler oui, mais pour payer une femme de ménage et une nounou ou une crèche ? Pour que l'enfant n'aime bientôt plus que sa nounou (si elle s'occupe vraiment de lui) et n'aime plus sa mère qu'en fonction des cadeaux qu'elle lui fait ? Ou pour qu'il stagne dans son développement avec une nounou qui a d'autres intérêts et n'est là que pour le nourrir, le laver et le promener. Ou pour qu'il n'ait bientôt plus que les repères qu'il apprend dans une crèche, à savoir rivalité, égoïsme ou même brutalité ? Et pour payer plus d'impôts ?
Et il y a le soir, lorsque les parents fatigués par leur travail n'ont plus qu'une seule envie, mettre leur gosse au lit et passer une soirée tranquille. Plus de dialogue, plus de regards d'amour, plus d'histoires. Vite au lit !
Et il y a le regard des autres. " Elle reste à la maison et ne fiche rien pendant que son mari travaille ". Quelle aberration lorsque l'on sait qu'élever un enfant et faire les courses et le ménage est un travail à plein temps. Et il y a la mère qui se sent dévalorisée et trop souvent méprisée par les autres. Et même par son mari.
Tout est donc fait aujourd'hui pour mettre la pression sur une femme au foyer. Pression psychologique et pression financière. Car si c'est facile d'être mère au foyer pour des ménages aisés, ce n'est plus du tout le cas lorsque leurs revenus sont inférieurs à 5-6.000Fr/mois. Il y a les frais qui ne cessent d'augmenter (assurances maladie, transports, nourriture, loyers) et les factures qui s'accumulent. Et les allocations (s'il y en a) qui stagnent. Pour ces ménages " travailler pour payer une nounou ou une crèche, une femme de ménage et plus d'impôts " n'a qu'un solde négatif. D'autant plus que le gosse, élevé par d'autres, fera vite son possible pour attirer l'attention de ses parents en faisant toutes les bêtises possibles. Et l'on s'étonne que la délinquance des jeunes augmente et qu'ils boivent ou se droguent.
Notre société veut des jeunes propres en ordre alors qu'elle préconise de les faire élever par d'autres (crèches dès 2 ans, voire moins). Sans points de repère, sans réelle famille, sans dialogue ni explication, sans amour familial, ils se révoltent et font tout pour se démarquer, pour être enfin reconnus et aimés par ceux qui auraient du les élever mais qui n'en ont pas eu le temps. Car il faut travailler.
Il serait temps que nous le comprenions et que des mesures soient prises afin de reconnaître qu'une mère (ou un père) au foyer est une étape capitale pour l'éducation d'un enfant jusqu'à l'âge de 4-5 ans. Il serait temps que notre société reconnaisse qu'être mère (ou père) au foyer est un véritable travail et qu'il mérite donc un salaire décent pour permettre aux ménages peu aisés d'assumer correctement cette tâche.

18:23 Publié dans Société | Tags : maternité | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Bravo! Il FAUT le dire!
Les enfants ont besoin d'être élevé par quelqu'un, tout le monde est d'accord: donc si on ne s'en occupe pas soi-même, il faut payer quelqu'un d'autre; alors, pourquoi pas laisser les mères qui le veulent (ou les pères) s'en occuper, sans les culpabiliser?

Écrit par : lucide | 01/04/2011

Tout a fait d'accord pour que les enfants soient élevés par les parents et non par des étrangers (à la famille) dans des crêches... pardon dans des Espaces de vie enfantine.

Écrit par : Ivan Skyvol | 02/04/2011

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