23/02/2011

Pouvoir, corruption et despotisme

La révolte des pays arabes de Méditerranée est riche d'enseignements sur le pouvoir et les
hommes qui l'exercent.


Tout d'abord le pouvoir. L'homme est ainsi fait qu'il cherchera généralement à en profiter.
Non seulement il bénéficie de multiples prérogatives, mais surtout il est courtisé. Les autre
Etats, les grandes entreprises, tout le monde cherche à obtenir ses grâces. Commerce, pétrole
et politique obligent. Alors qui saurait résister aux multiples avances et à la chance de pouvoir
s'enrichir facilement et impunément puisqu'à partir du moment où le pouvoir devient
despotique, la Loi c'est lui. Pots de vins, détournements de fonds, participations dans des
actionnariats divers. La corruption a de multiples visages. Et c'est ainsi que de nombreux
grands de ce monde arrivent à se créer de gigantesques fortunes. Or de tout temps, de l'Est à
l'Ouest de la Méditerranée pratiquement tous les dirigeants ont toujours exercé un pouvoir
absolu et despotique sur leurs peuples acculés à la misère. Il était donc prévisible qu'un jour la
colère gronde et éclate. Comme en 1789 lorsque le peuple français mourrait de faim et que la
noblesse festoyait.
Les hommes maintenant. La révolte éclate et que font-ils ? Ils résistent tous, mais de
différentes manières. Les uns lâchent immédiatement du lest pour calmer les foules. Les
autres comme Moubarak font de beaux discours pour finalement partir en vacances sans
vraiment renoncer au pouvoir. D'autres comme Ben Ali parlent d'abord très fort pour finir par
s'enfuir sans demander leur reste. Et les derniers comme Kadhafi font tirer sur la foule et
massacrer leur peuple en l'accusant de crimes et en condamnant à mort tous ceux qui se
révoltent. En fait deux comportements distincts mais unis par la peur et par la tradition du
despotisme. Les premiers, malgré toutes leur turpitudes, ont un reste de respect même minime
pour leur peuple. Bien qu'ils l'aient appauvri et maintenu dans la misère ils ne font pas tirer
sur lui. Les autres le méprisent et ne le considèrent que comme de vulgaires esclaves. Leur
armée intervient pour faire couler le sang et pour exterminer tous ceux qui sont encore debout.
Ainsi en est-il du colonel Kadhafi qui, dans un discours hystérique a voué tout son peuple à la
géhenne de sa fureur et de sa folie meurtrière. Car n'a-t-il pas toujours été ainsi. Un meurtrier
d'une extrême violence et un terroriste que le monde occidental avait banni pour se
réconcilier avec lui à cause de son pétrole et des affaires juteuses.
Il n'en reste pas moins qu'à des titres et des niveaux divers ce sont des criminels qui n'ont su
que profiter de leurs pouvoirs pour museler leurs peuples et le spolier des richesses qu'ils ont
accumulées.
Il reste alors deux questions. La première est « Qui tire les ficelles de ces révoltes ? ». La faim
et la soif de liberté, l'Islam intégriste ou les services secrets ? La seconde est « Qu'en sortira-
t-il ? ». Des démocraties ou des Etats islamistes ? Quelle que soit l'évolution des choses, il y
aura de nouveaux dirigeants qui probablement, sinon des despotes, seront tous corrompus.
Pouvoir, commerce et tradition obligent.

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