16/12/2010

L'UE dans la rue

Dans presque tous les pays de l'UE les peuples clament leur rage dans la rue face aux restrictions qu'on leur impose.


Ils se révoltent car ils ne comprennent pas pourquoi les Etats on pu trouver des milliards pour sauver leurs banques et ne peuvent en trouver pour eux. Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer les erreurs de dirigeants incapables et arrogants ni pourquoi le monde financier les assomme par des taux usuraires, monde qui a lui-même créé les conditions de cette crise. Ils ne comprennent pas comment il est possible que les dirigeants s'octroient à nouveau des bonus indécents alors qu'on leur impose des restrictions très dures.
Colère légitime car pendant des années leurs dirigeants ont triché et caché les dettes qu'ils accumulaient. Pour payer les acquis sociaux certes, mais aussi pour vivre dans le luxe et faire n'importe quoi avec l'argent du peuple. Et la crise des subprimes a forcé les Etats à renflouer leurs banques proches de la faillite. Des centaines de milliards sont partis en fumée. Et les peuples ne comprennent plus. Des milliards pour les banques et la misère pour eux. Ils se sentent redevenus les serfs d'une classe dirigeante méprisante et stupide.
A force de dilapider l'argent, ces pays sont comme tous ces malheureux qui ne pouvant plus rembourser leurs crédits furent jetés à la rue à cause des taux d'intérêt qui ont pris l'ascenseur.
Or que fait le monde de la finance ? Tout à ses calculs de bénéfices et de risques potentiels de faillites, il punit les Etats en forçant ses dirigeants à prendre des mesures radicales. Il majore donc ses taux qui deviennent usuraires (6, 8, 10%). Plus un Etat est en difficulté, plus les taux qu'on lui impose sont élevés. Si c'est un moyen pour forcer des mesures, c'est vraiment n'importe quoi. Avec de tels taux et quelles que soient les mesures prises ces Etats ne pourront que payer les intérêts sans jamais pouvoir rembourser leurs dettes. C'est d'autant
plus scandaleux que les taux actuels avoisinent les 2% et qu'une dette peut toujours se renégocier. Ces taux usuraires ne sont donc dus qu'aux besoins de refinancement rapides des banques centrales qui ne comprennent pas qu'en étouffant un pays, elles ne peuvent que créer
les conditions d'une révolte, voire d'une révolution. Mais quelles qu'en soient les raisons, qui fait les frais de cette aberration ? Sûrement pas les dirigeants qui tout au plus perdront leurs sièges. C'est le peuple qui lui est dans la rue en attendant d'être à la rue.

Commentaires

L'article n'entretient-il pas une confusion entre les dettes "accumulées depuis des années" - celles-ci sur la plan de l'UE n'étaient-elles du reste limitées à un seuil raisonnable, même si elles dépassaient souvent les 3% fixés- elles qui sont qualifiées ici de "cachées"- en quoi d'ailleurs, étaient-elles cachées?- et la multiplication de dettes générées par le renflouement et sauvetage publics des banques privées?
Je me demande aussi si c'est bien "en fumée" que serait parti l'argent, ou bien plutôt dans quelques poches bien "coffre-fortisées" de l'un des pa-radis fiscaux?

D'accord sur le scandale des taux usuraires qui sont prétextes à focer l'adoption de certaines mesures qui vont toutes dans le même sens.

Écrit par : capalu | 18/12/2010

Il fallait bien sûr lire "le plan" et "forcer" l'adoption. Merci. :-)

Écrit par : capalu | 18/12/2010

Effectivement il pourrait y avoir confusion. Il n'en reste pas moins que la somme de deux trous en fait un énorme.
L'argent trouvé pour renflouer les banques est effectivement parti en fumée. Il n'a fait que remplir des trous béants. Les banques centrales et les gouvernements eux-mêmes ont du intervenir, augmentant par là leurs propres dettes. Actuellement d'ailleurs, la BCE achète des Bons du Trésor de différents pays afin de leur donner des liquidités. Et là elle prend un risque car si le pays fait faillite, ces bons n'auront plus que la valeur du papier WC. Et pour couvrir ce risque, la BCE impose des taux élevés aux pays les plus endettés.

D'autre part la crise a fait clairement apparaître que la plupart des pays avaient triché et "oublié" de compter certaines dépenses. La Grèce tout d'abord qui avait carrément falsifié ses comptes, puis les autres pays qui peu à peu ont du parler franchement. Et il s'est tout à coup avéré qu'il n'y avait plus aucun pays qui respectait les critères de Maastricht. Et de si loin qu'ils sont obligés d'imposer à leurs peuples des mesures d'autant plus contraignantes que leurs dettes sont profondes.

Enfin pourquoi croyez-vous que le $ et l'€ sont si bas ? Simplement parce que face à la crise les 2 banques centrales des USA et de l'UE ont été forcées d'augmenter massivement la masse monétaire en imprimant des billets pour des centaines de milliards ce qui a fait automatiquement plonger la valeur du $ et de l'€. Plongée amplifiée par la perte de confiance en ces 2 monnaies.

Écrit par : Lambert | 18/12/2010

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