28/10/2009

Chaos informatique en Suisse

Le chaos et la vulnérabilité de l'informatique sensible en Suisse fait penser que nous sommes des naïfs inconscients ?


Le chaos informatique du département fédéral de la défense et les récentes attaques informatiques qu’a subit le département fédéral des affaires étrangères me laisse pantois.

Fort du dicton « un soldat bien nourri se bat mieux », l’ancien conseiller fédéral Schmidt s’est apparemment plus soucié de la santé de nos soldats (cantines ultra modernes) que de l’informatique militaire pourtant stratégiquement fondamentale mais qu’il a laissé à l’abandon dans un fatras de logiciels incompatibles et inaptes, développés par diverses sociétés privées à partir de cahiers des charges flous établis par des non informaticiens dispersés donc non coordonnés. Un boulier et un crayon feraient tout aussi bien l’affaire.

D’autre part le DFAE s’aperçoit tout à coup que ses ordinateurs ont été attaqués par des hackers et que des données sensibles ont peut-être été volées ou même altérées. Autrement dit nos systèmes de protection ne sont pas assez efficaces. Et apparemment ils ne contiennent pas de contre mesures annihilant les programmes pirates et renvoyant une réponse suffisamment dissuasive réduisant par exemple les ordinateurs espions à de vulgaires tas de ferrailles.

Je ne dirai pas que c’est de l’incompétence de la part de nos conseillers fédéraux. Ils sont compétents, mais dans leur domaine. Ils ne peuvent pas tout connaître et surtout pas l’informatique qui, pour eux se limite en général à l’utilisation d’un traitement de texte et d’un tableur. Par contre c’est de la naïveté et de l’inconscience. Inconscience du danger. Inconscience du fait que le monde est en guerre. Non pas une guerre armée classique mais une guerre économique et informatique de piratage de données secrètes et de prise de contrôle à distance de divers sites stratégiques tels par exemple les ordinateurs eux-mêmes, les centrales électriques ou les centres de communication.

L’informatique d’un Etat se doit d’être le fait de spécialistes hautement qualifiés et de toute confiance. Elle doit pouvoir faire tout ce qu’on lui demande, être impénétrable à toute tentative d’intrusion et être capable d’émettre des contre attaques dissuasives. Et enfin elle doit regrouper sous un même toit les applications militaires, des affaires étrangères, de l’énergie, des communications et de la finance. Autrement dit plusieurs ministères différents sont concernés par un même problème. Bien plus, cette informatique ne peut être ni dispersée auprès de différentes sociétés privées ni divulguée. Elle doit rester un domaine prioritaire ultra confidentiel. Et enfin, la définition de ses procédures, la réalisation et la maintenance des programmes doit être le fait de professionnels réunis dans une même entité. Comme il y a les ministère de l’intérieur, des affaires étrangères, de la défense, il devrait y avoir un ministère de l’information et de la communication sous la responsabilité du conseiller fédéral en charge de l’armée et des services secrets.

Or notre armée est une armée de milice. Il n’y a donc pas (ou très peu) de militaires informaticiens de carrière. Et s’il y en a, ils ne possèdent probablement pas les compétences suffisantes pour organiser l’informatique militaire dans son ensemble ni pour faire face aux hackers professionnels qui opèrent depuis la Chine, le Japon, l’Australie, la Russie, les USA, ou l’UE. Je gage que la CIA ou les services de renseignement de ces différents pays ont leurs spécialistes formés aux techniques les plus poussées du piratage informatique.

Alors resterons-nous de naïfs inconscients ou réaliserons-nous enfin que les services de renseignement sont là pour collecter des renseignements sensibles et créer le désordre ? Réaliserons-nous enfin que la domination du monde ne se fera pas par les armes mais d’abord par la maîtrise de l’informatique et des communications ? Et que si nous voulons rester neutres et crédibles, il serait grand temps de réfléchir à ce problème. Car une Suisse impuissante, désorganisée et piratable à souhait serait comme une baudruche qui ne sert à rien d’autre qu’à amuser les gosses.

02:55 Publié dans Suisse | Tags : chaos, informatique, piratage | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Rien à ajouter!bel article en effet!

Écrit par : annuaire | 30/10/2014

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